La Gazette du Gers, 3 janvier 2004.
(…)Les artistes jouent, sautent et évoluent en toute confiance avec une belle complicité et bel humour selon d’appréciables jeux de regards. Rapidement le jeu se fait avec le public qui répond parfaitement par une forte présence dans le déroulement du spectacle. (…) On ne peut décrire l’ensemble, mais pendant une grande heure, on est emporté dans un flot de fraîcheur, de poésie et de gaieté par la grâce des mouvements et surtout la pureté du propos développé. C’est le parcours d’une vie entière que nous narrent ces baladins, avec ses enthousiasmes, ses chutes, ses espoirs et sa finalité.
La Provence, 29 février 2004
Un chapiteau à taille humaine, chauffé, où l’on vous accueille bien avant le spectacle autour d’un verre ou d’une petite collation « faite maison », le sourire, la simplicité en prime. Les artistes sont là, eux aussi, à l’échauffement. (…) Des histoires d’amour et de voltiges, enrobées d’une musique délicate qui viennent vous surprendre au détour d’un saut-périlleux ou d’un porté demi-bras à l’équerre. Comme la vie ? Comme l’amour… (…) Au milieu du cercle, nul ne triche car tout se voit ici. Pas de rideau ou de fond noir en décor. Du théâtre citoyen. Les acteurs sont dans et avec le public, ils évoluent dans un petit espace de communion, sans fioritures ni artifices.
Flash hebdo, 10 mars 2004
(…) Ils sont là ces artistes, techniques, prodiges, physiques. Mais la technique ne serait, après tout, rien de plus que le fruit d’un travail acharné des muscles, s’il n’y avait, pour lui donner du souffle, ce supplément d’âme que lui confèrent le jeu, la danse et la musique. (…) Très justement mis en musique, le spectacle hésite poétiquement entre plusieurs voyages. Il emprunte alors des pistes nouvelles, sans les roulements de tambours de Pinder, et pourtant sans tourner le dos au cirque-cliché, tant aimé de l’enfance. (…) C’est lorsque tout s’éteint qu’on en prend conscience : on a voyagé loin avec ces énergumènes. Loin dans le temps, les lieux et les visages. Loin dans nos peurs. (…) Bien au chaud les uns contre les autres, assis en rond dans la lumière, on se voit penser et sourire dans la tête de son voisin. On se dit alors que ce n’est pas tous les jours que l’on nous joue si bien la petite musique de la vie.
Les arts de la piste, juillet 2004
C’est le paradoxe des grandes œuvres : d’un côté, elles vous font complètement oublier la matière dont elles procèdent (ici, l’acrobatie, (…)) par un sens de la scène, du spectacle ou de l’art qui transcende toute assignation, toute catégorisation ; de l’autre, elles ne vous parlent que de cette matière même, qu’elles ont suffisamment déconstruite pour vous la faire percevoir comme naissante, quand elle paraissait agonisante, ou comme radicalement nouvelle, quand vous la croyiez épuisée par des millénaires de tradition. (…)
Le thème est immémorial. Tu m’aimes ? Je t’aime ? Je te même ? Je nous ? Tout cela pourrait être dit, parlé, verbalisé. Mais cela est exprimé dans une langue étrangère appelée l’acrobatie. Telle est exactement l’impression : ces six-là nous parlent d’une question universelle, l’amour, dans leur langue. (…)
Il faut dire que les six protagonistes de Autour d’elles sont éblouissants. Tous les portés acrobatiques sont inédits et virtuoses. Inattendus. Et que la mise en piste signée Patrick Masset, la lumière (Bernard Revel), la sonorisation (Arnaud Bertrand) sont impeccables. (…)
Le spectateur, bercé longtemps, amusé, rassuré, sort bouleversé. Mûr en somme pour discuter avec les artistes du sens de la vie autour d’un verre. La piste et le chapiteau de Vent d’Autan sont en soi des objets d’art. Un chemin de ronde, jalonné de tables, entoure la piste de bois. Un seul objet sur cette piste : une sorte de boîte, à base carrée et plafond circulaire, pour jouer des contradictions de l’amour et du cirque.
Sud Ouest, 28 mars 2005
Le cirque au village ? un vrai bonheur. (...) Le spectacle est subtil et drôle. On glisse de l'émotion au ire dans une légèreté et une grâce complices.
C'est là une des grandes forces de la compagnie Vent d'Autan. (...) Dans une proximité chère aux cirques d'antan, le dialogue s'établit, fruit d'une authentique rencontre. Les artistes s'expriment avec une générosité dont le spectacle lui-même est le reflet. Il renoue ainsi avec un lointain imaginaire et nous amène de plain pied à la création actuelle. dans une ambiance de fête.
La Terrasse, septembre 2005
"L'homme est un noeud de relations" écrivait le sage Saint-Exupéry. Aussi faut il parfois délacer les fils de l'écheveau humain, en révéler les attaches, les déliés et les entraves, pour saisir le bâti du dessin. C'est à ce délicat travail d'effeuilage que s'essaie la compagnie Vent d'Autan, qui cerne les mystère des relations amoureuses dans le halo de la piste. (...)
Les jeux de séduction et de pouvoir s'écrivent ici en langage acrobatique et trament les rythmes d'une subtile partition musicale. Les femmes s'abandonnent un instant, fragiles volatiles portés par la puissance masculine, puis se dressent en impétueuses madones, soumettant leurs partenaires aux imprévus de leur fantaisie. Autour d'elles dévoile le théâtre quotidien des drames de l'être à deux et des ravissements de l'amour, sans fioriture esthétique ni forfanterie de prouesses. Depuis 1997, Rémy Balagué et Babeth Gros, fondateurs de la compagnie, ourlent en effet le fil d'une démarche artistique qui efface les coutures de la technique (virtuose au demerant), relègue l'exploit à l'arrière plan pour déployer la poésie visuelle et la force expressive du cirque. Voilà une bien douce rosée, pleine de fraîcheur et de gaietée.
Libération, 14 décembre 2005
Le cirque est une histoire de fusion. Dans Autour d'elles de la compagnie Vent d'Autan, cette fusion s'incarne dans les accolades amoureuses ou viriles que les acrobates échangent. Deux hommes , épris de deux femmes, rejouent un ménage à quatre. (...) Au centre de la piste, au milieu du public à portée de main, l'ensemble sonne comme une variation légère d'un vaudeville muet mais athlètique. (...)
Corps malmenés. Le cirque, en cela, a toujours été une histoire de confiance. Quand la plus légère lâche prise et tombe dans les bras des deux porteurs sans même un regard vers le sol, elle joue avec la peur du public. La pièce se déplace sur le terrain de la prouesse physique. De corps malmenés, il est d'ailleurs souvent question. Vent d'Autan ne se dissimule pas derrière les agrès ou une scènographie complexe. Seuls les bras noueux ont ici leur place. La compagnie excelle dans les portés comme on pouvait sans doute en voir au début du siècle sur les places de marché, ces main à main exténuants où les silhouettes se verticalisent à l'envers. Le visage trempé de sueur, le souffle court, les hommes soulèvent leurs fardeaux de chair.
Le cirque redevient ici une affaire de proximité. L'exiguïté de la piste rend intolérable le moindre faux pas. Autour d'elles se joue à la vue de tous, sous tous les angles. En tendant la main, on pourrait toucher ces hommes et ces femmes et ressentir la douleur qui leur cisaille le dos quand il dressent les jambes au dessus du torse. La souffrance s'immice. Entendre les souffles courts, voir les visages crispés, guetter les membres traversés par les crampes rend le malaise palpable. (...)
Un kiosque en bois, poussé jusqu'au centre, sert d'alcôve et de promontoire. en catimini, les esprits s'appaisent. (...) Aussi inoffensif qu'il paraisse, ce cirque-là est un tour de force.
à voir à lire.com 20 décembre 2005
Soulevant la bâche du chapiteau de la compagnie Vent d'Autan, le curieux sera d'abord surpris d'y trouver, tout au long du couloir circulaire, des jeux traditionnels en bois, à disposition. L'occasion de prendre son temps, un verre, une assiette, de jouer, donc d'être préparé à recevoir. Ici, la simplicité et la gentillesse est palpable ; tout autant que la générosité.
L'ambiance est chaude et intime, tant par les éclairages que par les éléments de décors du chapiteau. En construisant celui-ci spécialement pour cette création, sans doute la compagnie Vent d'Autan a cherché à replacer au centre l'élément essentiel du spectacle : nous. Comme un idéal du cirque, une "grande famille" dans laquelle nous serions conviés, accueillis, choyés.
Assis autour d'une piste en bois et pourtant tellement au centre, nous découvrons acrobates, musicicens, chanteurs, qui parlent encore et toujours de nous. Mais ce qui nous touche en plein coeur, c'est la fragilité de laquelle ils jouent, la tendresse, la sensualité et l'extrême sincérité avec laquelle ils peignent l'humain. Dire plus serait dévoiler, serait vous enlever la part des anges. Autour d'elles est un spectacle à vivre, à découvrir les yeux écarquillés, le sourire aux lèvres et le coeur grand ouvert. Un pur moment de magie ou se marient technique et poésie, humour et sensualité, simplicité et générosité.
Ouest France, 6 avril 2006
Six artistes, saltimbanques inspirés, acrobates passionnés constituent trois couples à géométrie variable. Les corps se cherchent, se repoussent, s'étreignent et s'emboîtent sur le parquet ciré d'une piste circulaire. Les mains se tendent, s'effleurent, se lâchent, se caressent ou claquent. Tendresse complice ou bouderie éphémère : le spectacle est une métaphore du couple entre les jeux de l'amour et les facéties du hasard. (...) Car le cirque est là, avec sa virtuosité physique et sa subtile mécanique. Aux vertiges des sauts et de la voltige s'ajoute la comédie, un plus pour cette histoire sans paroles qui joue avec les rapports complexes de la puissance et de la vulnérabilité.